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Histoire
: Les
hommes sont menacés par le réveil de la princesse
Elzibub (Terry Liu Hui-Ru), sortie des entrailles de la terre
où elle était enfermée depuis dix millions
d'années et prête à conquérir le
globe. Des monstres vont défiler pour l'aider à
remplir cette tâche alors qu'une équipe de justiciers,
menée par un scientifique, le professeur Liu Ying-te
(Wong Hap), va tenter de sauver la race humaine. A cette fin,
un jeune-homme nommé Rayma (Danny Lee) va accepter
d'être transformé en... Inframan !
 
 
 
Critique
de David-Olivier :
The Super Inframan est
la réponse hongkongaise au super héros classique
et populaire japonais des années 60 Ultraman
(la traduction littérale du titre est d'ailleurs "Le
Superman chinois" !) et une des rares incursions de l'écurie
Shaw Brothers dans le domaine du film de science-fiction.
C'est donc un long métrage destiné avant tout
au public enfantin et de ce fait assez naïf et peu enclin
à la violence, tout à fait proche
d'un épisode télé de Spectreman, X-Or,
Bioman ou Power Rangers (selon l'âge que vous avez).
Certaines fausses rumeurs courent d'ailleurs ici et là
sur The Super Inframan en le présentant comme
une série télé de trois épisodes
mis bout à bout pour atteindre la quasi heure et demie.
Il n'est pas étonnant que The Super Inframan
reste une des oeuvres de la Shaw Brothers la plus connue hors
d'Asie : aujourd'hui comme il y a plus de vingt-cinq ans,
ce film laisse pantois tout spectateur qui se laisse embarquer
à la vision de ce qu'il faut bien appeler un "gros
nanard intersidéral" (ça, c'est pour le
côté science-fiction !). Dès l'année
de sa sortie, Joseph Brenner, producteur américain,
en a acquis les droits, l'a fait doubler en "Stéréo
Infra-Sound" (!) et l'a sorti aux États-Unis en double
programme dans de nombreux drives-in. Succès immédiat
!!! En France, The Super Inframan est sorti en 1982
chez Scherzo Vidéo (dans une collection alors dirigée
par Christophe Gans) et fait souvent la joie des specteurs
de la Cinémathèque française lors de
ses soirées Bis du vendredi soir (en version française,
s'il-vous-plaît !).
Lors de son apparition sur les écrans hongkongais,
le service de presse de la Shaw Brothers n'y était
d'ailleurs pas allé de main morte : "Le premier
film de super-héros chinois !", "La première
campagne de publicité chinoise pour un film utilisant
une montgolfière !", "La première
production Shaw Brothers utilisant un story-board !",
"Le premier film hongkongais avec autant de monstres
!"... le ton était donné.
Si The Super Inframan peut encore séduire aujourd'hui,
c'est toujours par son côté décalé
(les acteurs jouent tous au premier degré, ce qui a
dû demander une sacré concentration) et sacrément
bis. Même confrontés à près d'une
heure et demie de combats entre le super-héros et une
multitude de monstres caoutchouteux et ridicules, les spectateurs
ne se verront pas épargner des intermèdes plein
d'émotion (superbe scène entre le professeur
et sa fille...), des poursuites à moto dignes de C.H.I.P.S.
(ha l'arrivée de Danny Lee, cheveux au vent, sur une
musique feuilletonesque), des décors futuristes kitchs
à souhait (la série Cosmos 1999, c'est
Star Wars à côté !), des rayons
laser et boules de feu dessinés à même
la pellicule, des personnages qui grandissent tout d'un coup
(mais pourquoi ne l'ont-ils pas fait dès le début
du combat ?), des costumes nullisimes (même si designés
et fabriqués par des Japonais, les oripeaux d'Inframan
sont, comment dire... à mourir de rire, et ceux des
monstres... consternants : un spécimen mi animal -
mi plante avec des tentacules, un gros cafard rouge, une boule
de poils, deux robots jumeaux, des soldats squelettes avec
casques de moto), une super méchante au look sado-maso
(cuir et fouet...), des emprunts à droite - à
gauche (sur l'affiche, le "S" de Superman,
la description de la constitution du héros empruntée
à "l'Homme qui valait trois milliards"...),
etc.
 
 
Question action, vous noterez que notre ami Inframan
se sent obligé de faire quelques flips à chacune
de ses transformations, comme ça, par plaisir. Lorsqu'il
s'élance dans le ciel, on le voit statique, sur fond
gris, avec un peu de fumée... heureusement que des
citoyens lambda lèvent le doigt vers le ciel en regardant
en l'air ! C'est vrai, il aurait pu aussi bien être
sous l'eau en train de nager... Un poisson rouge Inframan
? Savez-vous que la signification latine de l'adverbe "infra"
signifie "plus bas, en dessous" ? Inframan
serait donc un sous-homme... à vous de juger !
Tang Chia, un habitué de la Shaw Brothers, est aux
commandes des chorégraphies martiales. Mais autant
être clair : que voulez-vous faire vêtus de costumes
en latex ou d'une combinaison en cuir rouge avec des yeux
de mouche bleus ? Difficile de se montrer flamboyant handicapé
de la sorte. Les chorégraphies sont donc minimalistes
et par là même extrêmement poussives, peu
inventives, répétitives, voire lassantes...
Trampolines, quelques câbles... surtout des coups de
poing, de bras et de pieds portés dans tous les sens,
et une séquence de décapitation multiples savoureuse...
Les acteurs font se qu'ils peuvent. Que dire de plus ?
On notera que le directeur de la photographie, apparaissant
au générique sous son nom chinois Ho
Lan Shan, n'est autre que le Japonais Tadashi Nishimoto,
supposé avoir sensibilisé les réalisateurs
de la Shaw Brothers à la technique de l'écran
large et participé à la création du célèbre
ShawScope.
En conclusion, The Super Inframan ravira les amateurs
de cinéma bis mais navrera ceux qui préfèrent
des récits de science-fiction plus "classiques".
 
 
Pour
encore plus de photos, cliquer sur le lien ci-dessous :
Fiche
Technique DVD
Galerie de Photos
Bonus : Galerie
des monstres
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